Ombréa : la solution qui protège les cultures de plein champ des aléas climatiques

C’est au creux d’un vaste espace de verdure, à la pépinière Cleantech d’Aix-en Provence, que nous avons eu la chance de rencontrer Julie, cofondatrice d’Ombréa.
Son objectif ? Protéger les cultures de plein champ (comprendre de plein air) des aléas climatiques grâce à un système de panneaux rétractables intelligents, les ombrières.

Vidéo proposée par Antinéa Esteban et Simon Gadrey

Article proposé par Morgane Sebastiao

Publié le 3 Février 2021

L’interview d’Ombréa est proposée en partenariat avec la French Tech Aix-Marseille, réseau destiné à l’accompagnement

des entreprises technologiques d’Aix-Marseille.

Réchauffement climatique et agriculture : un secteur particulièrement touché

Ces dernières années, le réchauffement de notre planète s’est accompagné d’épisodes climatiques de plus en plus fréquents et violents. On pense notamment aux épisodes de sécheresse estivale toujours plus longs, aux périodes de gel printanier à répétition ou encore aux tempêtes accompagnées de grêlons allant parfois jusqu’à la taille d’une balle de tennis. (source : senat.fr)

Ces épisodes climatiques sont particulièrement dévastateurs pour le domaine de l’agriculture, un des secteurs les plus touchés par le dérèglement climatique. Christian Davico, cofondateur d’Ombréa et horticulteur, en a fait l’expérience durant l’été 2016 lorsqu’il perd ¼ de sa production suite à un épisode de sécheresse.

C’est l’épisode de trop qui fait naître l’idée d’Ombréa. A peine 4 mois plus tard, en décembre 2016, le brevet est déposé. Julie termine son contrat en tant que journaliste politique et entame avec son père le début d’une nouvelle aventure, entre tech et agriculture.

L’ombre, c’est la vie !

 

L’idée première d’Ombréa est de protéger les cultures des aléas climatiques. Cependant, Julie et Christian souhaitent aller plus loin et proposer à leurs clients des solutions concrètes aux autres problématiques de l’agriculture française notamment la perte de compétitivité. Ombréa a donc mis au point des ombrières, “un outil qui s’ouvre et se ferme, un peu comme des volets » pour reprendre les mots de Julie. La structure mesure généralement “7 mètres de long et son point bas se situe entre 2,1 mètres et 4,5 mètres pour s’adapter au matériel de l’exploitation agricole. Les poteaux sont ancrés dans le sol par des vis de terre” (source : “Allier outils agricoles et structure Ombrea : c’est possible !” Christian Davico.)

En fonction du besoin d’ombrage nécessaire, les panneaux s’étendent ou se rétractent pour offrir aux cultures la bonne lumière. Les effets d’ombres jouent naturellement sur la température et le taux d’humidité, créant ainsi un microclimat propice au développement des plantes. L’effet est donc double : les parcelles sont à la fois protégées des potentielles intempéries et disposent des conditions idéales pour produire des fruits et légumes saints et les meilleurs rendements possibles.

On ne s’imagine pas tous les éléments sur lesquels peut jouer l’ombre et à quels points un simple jeu d’ombrage peut améliorer la qualité d’une récolte. En voici quelques-uns :

  • La régulation des températures :

Certaines cultures ont des besoins très spécifiques et ne peuvent pousser que dans des conditions géographiques et climatiques particulières. L’ombrière permet, malgré le réchauffement climatique, de reproduire certaines conditions jadis présentes au sein d’un terroir et qui ont évolué ces dernières décennies.
C’est par exemple le cas de la pivoine, emblématique de l’horticulture du sud-est de la France. Cette plante présente aujourd’hui de plus en plus de difficultés à pousser correctement en hiver du fait des températures trop chaudes nous dit Julie. (source : Etude menée par les Groupements d’intérêt économique et environnemental). Grâce aux ombrières, les clients de l’entreprise ont réussi à obtenir en moyenne 17% de rendement supplémentaire pour ce type de culture.

Même constat en viticulture. Les trop fortes chaleurs favorisent la production de sucre dans le fruit et ainsi d’alcool dans le vin. Sur un mois de pilotage, l’équipe a réussi à réduire d’1% le taux d’alcool des vins produits.

  • La diminution du taux d’évaporation des sols :

Qui dit moins de chaleur dit moins d’évaporation ainsi les agriculteurs notent une économie d’eau d’environ 30%. Bon pour le budget et bon pour la planète !

  • La régulation du calendrier des récoltes :

L’augmentation des températures estivales engendre une maturation plus précoce pour certains fruits comme les raisins. La création d’une atmosphère plus fraîche permet au raisin de se développer plus lentement, ce qui assurera également un meilleur goût au fruit… et donc au vin !

 

Les ombrières et leurs filets anti-grêle ©Philippe Magoni

Intelligence artificielle et agriculture : comment ça marche ?

 

C’est grâce à la présence de capteurs au sol, qui récoltent en direct les données météorologiques de chaque parcelle équipée, que l’ombrière s’étend ou se rétracte pour faire barrière face à un épisode de grêle ou pour apporter de l’ombre en cas de trop forte chaleur.

Le pilotage des ombrières est rendu possible grâce à un système de traitements de données et d’une intelligence artificielle qui s’adapte selon le type de culture pour répondre au plus près des besoins de la parcelle.

Ce système est piloté par un algorithme, établi en interne par des biologistes, des ingénieurs en informatique et en mécatronique, capable d’anticiper les risques climatiques et d’adapter le positionnement des ombrières grâce aux taux d’humidité du sol, de l’ensoleillement ou encore du vent.

Les informations concernant la parcelle sont mises à disposition de l’agriculteur via une application : “L’idée est de faciliter la vie de l’agriculteur, qu’il puisse boire son café le matin en allumant son smartphone pour savoir ce qui se passe au jour le jour sur sa parcelle” nous explique Julie. En effet, en un clic il lui est possible de pouvoir suivre en détail la vie de ses plantes pour en planifier l’arrosage ou encore la prochaine récolte. Un outil qui en plus de lui permettre de pallier aux aléas climatiques lui permet de s’organiser et de lui apporter de la “sérénité” ajoute Julie.

Une solution rendue accessible grâce à l’énergie solaire

 

Quel est le prix de cette solution ultra tech me direz-vous ? Et les petits agriculteurs peuvent-ils se l’offrir ?

Ombréa a souhaité que le prix ne soit pas un problème. L’un des premiers objectifs de Julie et Christian a été de pouvoir généraliser l’accès au marché de leur solution, tout autant à de petits agriculteurs qu’à de plus grandes exploitations. Pari réussi grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques, placés au-dessus des ombrières. Ces installations permettent aux agriculteurs de financier à 100% l’outil grâce à l’énergie solaire produite et revendue et ainsi d’avoir un retour sur investissement plus rapide. C’est ce que l’on appelle l’agrivoltaïsme, un concept qui allie donc production d’électricité et protection des parcelles des conditions climatiques. 

Un second modèle pour des exploitations plus importantes a également été mis en place. Ici l’agriculteur ne débourse rien, c’est Ombréa qui porte l’investissement grâce à des partenariats avec des énergéticiens leur permettant de se financer grâce a l’énergie produite par les panneaux solaires.

L’énergie photovoltaïque fait donc bien partie du modèle économique d’Ombréa, mais attention nous précise Julie “elle est seulement utilisée comme support financier”. Le coeur de métier de l’entreprise reste bien l’agronomie.  

Source : Ombréa, Unsplash

Une solution en Recherche et développement constant

 

Tout comme le climat, l’intelligence artificielle d’Ombréa se doit d’évoluer pour faire face aux nouvelles problématiques rencontrées par les agriculteurs. Ainsi, des budgets spécifiques sont consacrés aux développements d’outils complémentaires pour les ombrières afin de répondre à des problématiques ciblées. Parmi elles la récupération des eaux de pluies ou encore la réductions des intrants phytosanitaires pour des productions plus respectueuses des sols qui permettraient aussi de réduire les dépenses de l’agriculteur. 

Aujourd’hui, la solution d’Ombréa est présente dans le sud de la France et souhaite y asseoir son expertise avant toute exportation de sa solution à l’étranger. Cependant, “La France n’est qu’un petit terrain de jeu face à tous les enjeux qui nous attendent ailleurs” relève Julie et les opportunités sont nombreuses au-delà de nos frontières. Quand on sait que c’est au cœur du bassin méditerranéen que les épisodes de sécheresses sont les plus longs sur les dernières décennies en Europe (source : sciencesetavenir.fr), l’équipe n’aura que quelques pas à faire pour commencer à étendre son activité le moment venu !

Tu souhaites en savoir plus sur Ombréa et le parcours de Julie ?

 

Découvre vite le podcast avec Julie !  

Suis l’aventure Impact 13

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