Vers une économie partenariale ?

Après deux jours de rendez-vous autour des solutions en faveur de l’économie durable, le salon Produrable a pris fin. Avec son lot de conférences et de speakers de haut vol, le salon a été riche de réflexions. Placé sous le thème de la « Régénération » il invite à repenser notre fonctionnement systémique pour aller vers de nouveaux modèles à impact. Si les options sont multiples et propres à chaque organisation, les outils pour se mettre en action ne manquent plus et la collaboration s’impose comme vecteur de transformation de notre économie. 

Article proposé par Estelle Januel

Publication le 28 septembre 2021

De l’urgence de la régénération des entreprises :

Alors que la transition digitale des années 2000 fut un tournant majeur dans la vie des entreprises, nous sommes aujourd’hui confrontés à une transition bien plus importante encore qui n’affecte pas seulement la survie des entreprises mais bien celle de notre espèce. Le dernier rapport du GIEC est sans appel : les dix années à venir sont clé pour corriger en profondeur nos modes de production et de consommation ce qui implique une incontournable transformation de nos entreprises

6e rapport du GIEC en infographie par @BONPOTE / www.bonpote.com

Pour celles-ci, que signifie concrètement le changement climatique ? Des risques bien réels parmi lesquels on peut citer par exemple, la raréfaction des matières premières, les conséquences des aléas climatiques sur leur approvisionnement et le fret mais aussi plus immédiatement encore, l’évolution de l’offre et de la demande du fait de consommateurs de plus en plus exigeants face aux enjeux. Si s’adapter est donc aujourd’hui une question de compétitivité, ce sera bien un enjeu de survie demain.  

Alors, par où commencer ? C’est encore bien souvent la question que se posent nombre d’entreprises. Mesure de l’empreinte carbone ou stratégie de la Responsabilité Sociétale des Entreprises sont des outils à présent mieux connus mais pas toujours bien pris en main ou au bon moment. 

La "Raison d’être" ou la définition du cap commun :

« La raison d’être est une brique clé à placer en amont de toute stratégie de RSE » explique Agnès Rambaud-Paquin, Vice-Présidente exécutive du cabinet de conseil Des Enjeux et des Hommes à l’occasion du salon Produrable. A ne pas confondre avec la mission ou la vision, la raison d’être est définie par le cabinet comme étant « la contribution que l’entreprise souhaite apporter aux principaux enjeux sociaux, sociétaux, environnementaux et économiques de son domaine d’activité en impliquant ses principales parties prenantes. C’est un cap stratégique permettant d’orienter la façon dont l’entreprise entend faire évoluer son activité pour contribuer positivement à la société ».
« Négligée pendant des décennies, elle est bien plus qu’un exercice de communication, elle recouvre une véritable dimension stratégique. Non seulement elle permet d’interpeller, de réfléchir aux enjeux écosystémiques et aux impacts concrets des activités de l’entreprise, mais elle amène l’équipe de direction à s’aligner sur le cap à suivre tout en lui permettant d’acquérir une vision aiguisée » ajoute-t-elle. « Véritable source d’engagement au sein des structures, elle s’incarne via un processus de co-construction entre tous les acteurs : collaborateurs, direction, parties-prenantes externes… elle crée aussi des ponts avec le Conseil d’Administration» indique Sylvie Calais-Bossis, responsable du Pôle Raison d’être chez Des Enjeux et des Hommes, avant d’ajouter « mais elle n’est utile que si on la décline en axes d’engagements pour toutes ces parties prenantes avec une véritable feuille de route opérationnelle, des objectifs pour chacun et des indicateurs de performance pour piloter la trajectoire de l’entreprise et l’évolution de ses impacts ».
C’est là qu’entre en jeu la stratégie de RSE.

La RSE : de quoi parle-t-on exactement ?

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) également appelée responsabilité sociale des entreprises est définie par la commission européenne comme l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes. Une entreprise qui la pratique va donc chercher à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable.

La norme ISO 26000, standard international définit son périmètre autour de 7 piliers :

  1. la gouvernance de l’organisation
  2. les droits de l’homme
  3. les relations et conditions de travail
  4. l’environnement
  5. la loyauté des pratiques
  6. les questions relatives aux consommateurs
  7. les communautés et le développement local.

Aujourd’hui toutes les entreprises peuvent mettre en œuvre une démarche RSE, et ce, quelle que soit leur taille, leur statut ou leur secteur d’activité. Depuis l’entrée en vigueur de la loi PACTE du 22 mai 2019, de nouvelles dispositions renforcent la RSE et le statut d’entreprise à mission a également été créé.

Avantages et défis d’une stratégie RSE :

Longtemps perçue à tort comme un outil à part dans les organisations, la RSE doit être placée au cœur de la réflexion stratégique de l’entreprise : anticipation des exigences réglementaires, gestion du risque, adaptation aux changements écosystémiques en repensant son modèle économique, outil de différenciation, réduction des impacts négatifs… sont autant de raisons de s’engager dans une démarche RSE. « Pour les PME, cela requiert de la formation des équipes, des outils plus simples et des aides gouvernementales financières » explique Arnaud Bergero, directeur des opérations chez Goodwill management, cabinet de conseil en performance économique responsable.

La question du sens au travail est également soulevée et peut réellement mobiliser pour plus d’efficacité, faut-il encore bien mettre en dialogue et intégrer les différentes parties-prenantes. « Les entreprises ne sont pas encore matures sur le sujet de l’intégration des parties-prenantes dans la démarche RSE. Elles en comprennent l’enjeu mais ne s’en sont pas encore saisies » alerte Caroline Baron, Manager Equipe Conseil chez Des Enjeux et des Hommes, avant d’ajouter : « La culture du dialogue n’est pas assez répandue : il n’existe presque pas de postes dédiés comme celui du Stakeholder officer, faute de formation adéquate. Il faut aussi encore convaincre les dirigeants de l’intérêt d’intégrer les parties-prenantes à part entière dans la démarche ». Pourtant, lorsque cette mise en dialogue est menée avec succès, les résultats sont édifiants, en témoignent les entreprises qui se lancent dans une démarche de labellisation.

Source : Unsplash

La labellisation, un formidable outil pour co-construire et embarquer :

« La labellisation mobilise tout le monde, c’est un véritable momentum qui se crée et il en ressort une énergie géniale. Pour de grands groupes, cela permet d’embarquer toutes les filiales. Les experts métiers sont impliqués, et chacun doit faire progresser son entité. Cela permet aussi de mettre en avant des bonnes pratiques et des points forts. » explique Olivier Classiot Responsable Marketing et Développement chez Des Enjeux et des Hommes.

« Pour Les 2 Vaches, la labellisation facilite les interactions entre nous : nous sommes tous animés par la même ambition et cela donne vraiment du sens à notre quotidien » déclare Aude Gamberini, directrice marketing et communication de la marque. A l’heure où les salariés sont beaucoup plus à la recherche d’une relation « Win-Win » avec les employeurs, la labellisation est devenue gage d’une réelle prise en compte des aspirations du collaborateur dans la vie de l’entreprise : « Chez Ulule, être labellisé BCorp est devenu un réel argument de recrutement qui nous rend attractifs alors que beaucoup d’entreprises du numérique peinent à recruter » explique Arnaud Burgot, fondateur de la plateforme.

Aujourd’hui, 4000 entreprises sont labellisées BCorp dans le monde et près de 100 000 ont entamé la démarche pour le devenir. Des perspectives encourageantes pour repenser une économie de demain davantage tournée vers le partenariat entre toutes les parties prenantes. Des changements forts qui devront d’une part, être bien accompagnés pour réussir, et d’autre part, veiller à ne pas s’auto-centrer sur l’humain mais à également bien prendre en compte la nature comme entité partenariale à part entière afin de préserver la biodiversité de notre écosystème et donc ses ressources et sa pérennité.

Le sujet t’intéresse ? Découvre également notre article sur la Responsailité Sociétale des Entreprises, également rédigé suite au Salon Produrable ! 

Estelle Januel

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